Le Projet de Loi de Finances (PLF) pour 2025, fruit d’un compromis entre députés et sénateurs en commission mixte paritaire, reflète les ambitions du gouvernement pour réduire le déficit public tout en ajustant la fiscalité pour les ménages et les entreprises. Voici un décryptage des mesures phares du texte, adopté après un parcours législatif marqué.
Un budget pour réduire le déficit public
Le PLF 2025 vise à ramener le déficit public à 5,4 % du PIB, après 6,1 % en 2024. Bien que cet objectif marque une amélioration, le Haut Conseil des finances publiques a jugé les prévisions du gouvernement optimistes, offrant peu de marge en cas d’imprévu.
Dans cette dynamique, le déficit de l’État s’élèvera à 139 milliards d’euros, et la dette publique atteindra 115,5 % du PIB. Malgré ce contexte tendu, l’exécutif maintient son engagement de ramener le déficit sous les 3 % d’ici 2029.
Mesures phares pour les particuliers
Indexation de l’impôt sur le revenu
Pour neutraliser l’effet de l’inflation (+1,8 %) sur les ménages, le barème de l’impôt sur le revenu est ajusté, évitant ainsi 3,7 milliards d’euros d’imposition supplémentaire.
Contribution différentielle sur les plus hauts revenus (CDHR)
Une nouvelle contribution temporaire, ciblant les contribuables les plus aisés (revenus annuels supérieurs à 250 000 € pour un célibataire), sera appliquée pour un an, rapportant 2 milliards d’euros.
Prêt à Taux Zéro (PTZ) rétabli
Le dispositif du PTZ, destiné à faciliter l’accès à la propriété pour les primo-accédants, est prolongé jusqu’à la fin de 2027. Il sera élargi à tout le territoire, incluant désormais la maison individuelle, très prisée des ménages. L’achat dans l’ancien reste conditionné à des travaux. Ce dispositif, clé pour relancer l’accession à la propriété, pourrait permettre la construction de 15 000 logements supplémentaires dès 2025. La mise en application est prévue pour avril, après la promulgation de la loi de finances.
Fiscalité des locations meublées
Le PLF 2025 prévoit la prise en compte des amortissements dans le calcul des plus-values à la revente, entraînant une fiscalité plus lourde pour les logements en LMNP. Cette mesure ne s’applique pas aux résidences étudiantes, seniors ou EHPAD.
Augmentation des frais de notaire dès mars 2025
Les droits de mutation à titre onéreux (DMTO) augmenteront de 0,5 point, passant à 5% du prix d’achat pour un bien ancien, soit 500 € supplémentaires par tranche de 100 000 €. Sur trois ans, cette hausse pourrait représenter une augmentation de 10 %. Cependant, les départements restent libres de l’appliquer et une exonération est prévue pour les primo-accédants, afin de les soutenir dans leurs projets d’achat immobilier. Les biens neufs ne sont pas concernés par cette hausse.
Exonération pour les dons familiaux jusqu’en 2026
Le PLF 2025 prévoit une exonération de droits de mutation pour les dons d’argent réalisés aux enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants, ou à un neveu/nièce, dans la limite de 100 000€ par donateur et 300 000€ par donataire. Les dons doivent être utilisés pour l’achat, la construction ou les travaux de rénovation énergétique d’une résidence principale, avec une condition : le donataire doit conserver la propriété du bien pendant au moins 5 ans. Cette exonération est valable jusqu’à fin 2026, mais ne s’applique pas aux dépenses couvertes par MaPrimRénov.
Réduction du budget MaPrimRénov en 2025
Le budget de MaPrimRénov, l’aide à la rénovation énergétique, est réduite, atteignant 1,6 milliard pour 2025, son montant le plus bas depuis sa création. Cette coupe budgétaire va à l’encontre des objectifs écologiques de l’État, risquant de décourager les ménages à entreprendre des travaux d’amélioration énergétique. De plus, à partir du 1er janvier 2025, les logements classés G (passoires thermiques) seront interdits à la location, obligeant les propriétaires à respecter de nouvelles normes de décence énergétique.
Évolution de la taxe d’habitation
Désormais limitée aux résidences secondaires, cette taxe ne concernera plus des locaux comme les hébergements d’urgence.
Mesures phares pour les entreprises
Contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises
Une contribution exceptionnelle sur l’impôt sur les sociétés (IS) sera instaurée en 2025 pour les entreprises ayant un chiffre d’affaires supérieur ou égal à 1 milliard d’euros. Cette mesure, initialement prévue pour 2024, a été reportée d’un an et sera applicable uniquement pour l’exercice 2025. Un acompte de 98 % devra être payé en décembre 2025. Elle devrait rapporter environ 8 milliards d’euros et concerner environ 440 entreprises. Cette mesure vise à équilibrer les finances publiques sans affecter la compétitivité des entreprises sur le long terme.
Soutien à l’innovation
Le Crédit d’Impôt Innovation (CII) est prolongé de trois ans avec un taux rétabli à 20 %, soutenant les PME dans leurs projets.
Suppression reportée de la CVAE
La suppression de la CVAE, initialement prévue pour 2024, a été retardée à 2027. En 2025, les taux resteront les mêmes qu’en 2024 au lieu de baisser comme prévu. Cela entraînera une contribution supplémentaire pour compenser cette baisse retardée. La suppression complète de la CVAE est maintenant prévue pour 2030.
Nouvelle taxe sur les rachats d’actions
À partir de 2025, le gouvernement met en place une taxe de 8 % sur les rachats d’actions effectués entre le 1er mars 2024 et le 28 février 2025. Cette taxe s’appliquera au montant correspondant à la réduction de capital issue de l’annulation des actions rachetées. Elle concernera les entreprises ayant un chiffre d’affaires supérieur à 1 milliard d’euros et dont le siège social est situé en France.
Mesure pour encourager l’installation des jeunes agriculteurs
La Loi de Finances 2025 prévoit un abattement fiscal de 600 000 € pour les chefs d’entreprise agricoles prenant leur retraite, à condition que la cession de leur exploitation bénéficie à un jeune agriculteur. Ce dernier doit être reconnu comme tel par l’administration fiscale, et son plan d’installation doit respecter les dispositions des articles D343-2 et suivants du Code rural et de la pêche maritime.
Renforcement du malus automobile (malus écologique)
À compter du 1er mars 2025, le seuil d’émission de CO₂ par kilomètre sera abaissé de 118 à 113 grammes, puis à 108 g en 2026 et 103 g en 2027. Le montant maximal du malus augmentera de 10 000 € par an jusqu’en 2027, passant ainsi de 60 000 € à 70 000 € dès le 1er mars 2025.
Par ailleurs, le malus basé sur le poids du véhicule s’appliquera dès 1,5 tonne à partir de 2026, contre 1,6 tonne actuellement. Les véhicules à hydrogène, hybrides hydrogène/électrique ou électriques à faible empreinte carbone en seront exemptés. Les autres voitures électriques seront soumises à la taxe, mais bénéficieront d’un abattement de 600 kg à compter du 1er juillet 2026.
Ces mesures, combinées à la réduction des aides pour l’achat de véhicules électriques, risquent d’aggraver la situation d’un secteur automobile déjà en difficulté.
Fiscalité et immobilier : des évolutions notables
Le Projet de Loi de Finances (PLF) 2025 prévoit des changements majeurs dans le secteur immobilier, avec un accent mis sur la fiscalité et la transition écologique. Parmi les principales évolutions, on note un durcissement des dispositifs fiscaux, notamment une réduction des abattements sur les plus-values immobilières, ainsi que des ajustements des seuils d’imposition qui pourraient affecter les investisseurs et les propriétaires.
La transition écologique occupe également une place centrale, avec des mesures destinées à accélérer la rénovation énergétique des logements. Ces évolutions, bien que visant à moderniser le secteur et à répondre aux enjeux climatiques, risquent d’ajouter des contraintes supplémentaires pour les acteurs du marché, notamment en termes de rentabilité et de coûts de mise en conformité. Les propriétaires et investisseurs devront donc adapter leurs stratégies pour anticiper ces nouvelles règles et optimiser leurs projets immobiliers.
Réduction des dépenses publiques
Le Projet de Loi de Finances (PLF) 2025 met l’accent sur la réduction des dépenses publiques, avec des mesures visant à maîtriser les finances de l’État. Plusieurs secteurs sont concernés, notamment les prestations sociales, les aides aux entreprises et les subventions locales.
Parmi les principales dispositions, on note une baisse progressive de certaines allocations et un recentrage des aides vers les foyers les plus modestes. Du côté des entreprises, les dispositifs de soutien, comme certains crédits d’impôt, seront réduits ou supprimés, afin de limiter leur impact sur le budget.
Les collectivités locales verront également leurs dotations budgétaires ajustées, incitant à une meilleure gestion de leurs ressources. Par ailleurs, l’État prévoit une rationalisation des dépenses de fonctionnement dans les administrations publiques, incluant une diminution des effectifs dans certains secteurs.
Ces mesures visent à réduire le déficit public tout en répondant aux enjeux économiques actuels, mais elles risquent de susciter des tensions, notamment chez les acteurs directement touchés par ces réductions budgétaires.
Pourquoi ces mesures vous concernent ?
Le PLF 2025 vous concerne directement, car il impacte plusieurs aspects clés de la vie quotidienne et économique.
Les changements fiscaux, comme la réduction de certains abattements et les ajustements des seuils d’imposition, peuvent influencer vos finances, que vous soyez propriétaire, investisseur ou chef d’entreprise.
La transition écologique est également au cœur du PLF 2025, avec de nouvelles obligations en matière de rénovation énergétique et des taxes accrues pour les biens énergivores, ce qui pourrait engendrer des coûts supplémentaires.
Enfin, la réduction des aides publiques et des prestations sociales pourrait affecter votre pouvoir d’achat ou vos projets professionnels. Ces mesures visent à maîtriser les dépenses publiques, mais elles nécessitent une anticipation pour mieux s’adapter à ces évolutions.
En résumé
En conclusion, le PLF 2025 reflète les ambitions du gouvernement de réduire le déficit public tout en répondant aux défis environnementaux. Toutefois, ces mesures imposent aux citoyens et aux entreprises de s’adapter à de nouvelles contraintes, nécessitant anticipation et ajustement.
Dans ce contexte, il devient essentiel de se faire accompagner par des experts, comme AZURIN PATRIMOINE, pour comprendre pleinement ces évolutions, évaluer leur impact et élaborer des stratégies adaptées pour en tirer le meilleur parti.




